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CONFERENCE SUR L’ADORATION DONNEE PAR LE PERE RACINE LE 23 MARS 2012 DANS NOTRE PAROISSE.

Le Père Racine est Curé de la paroisse de Sanary. Il est membre d’une association cléricale : les Missionnaires du Très-Saint-Sacrement, qui aident les services d'adoration en paroisse à se lancer ou à se pérenniser. Les Missionnaires du Saint-Sacrement éditent aussi le Brasier Eucharistique (revue de liaison des paroisses adoratrices).

 

LES FRUITS DE L’ADORATION de NUIT
    Une Lumière brille dans toutes les nuits !

                             
On peut parler de deux sortes de "nuit" :
-la nuit spirituelle, lorsque tout nous décourage, est dur, lorsque notre heure d'adoration passe lentement, quand prier est âpre (à tout âge et dans tout état de vie)
-la nuit physique, moment où les heures d'adoration nous coûtent un peu plus...

I- La 1ère nuit : la nuit spirituelle :

L’Adoration est-elle toujours facile ? Pour la plupart des personnes qui adorent depuis un moment : non. Il peut y avoir des jours où il est facile d'adorer, d'autres où c'est difficile.

Le combat spirituel commence !

Nous sommes des êtres sensibles, nous pensons le plus souvent « Je donne un peu de mon temps et Jésus se manifeste ».
Jésus nous attire et nous ressentons des grâces, en particulier lorsque nous commençons à adorer. Puis un jour, nous ne sentons plus rien et devant le Saint-Sacrement, on peut se dire « Qu’est-ce que je fais là ? » « Est-ce que le prêtre a bien mis une hostie consacrée ? »
On entre alors dans l’adoration de combaton revient adorer pour Jésus Lui-même, mais plus pour ce qu'on ressent.

L’adoration est un devoir de justice. Dieu est Père, Il est mon Créateur, je viens Le rencontrer par Son Fils. Adorer, c’est le premier commandement dans la Bible : « Le Seigneur est ton Dieu, Lui seul tu adoreras »

Les jours où on ne ressent plus rien devant le Saint-Sacrement, on peut se demander  « Est-ce que je vais adorer pour moi ou pour le Seigneur, Lui qui a tout donné pour moi ? Est-ce que je vais Lui donner une heure de mon temps, simplement pour Lui ? »
Dans Jean v.12, le Seigneur agréée qu'une femme verse un parfum de prix sur Lui... bien qu'un disciple dise qu'on aurait pu distribuer le revenu de la vente du parfum aux pauvres.
De la même façon, une heure de notre temps, précieuse, qui nous coûte, peut être utilisée pour nous-mêmes, ou pour l’offrir à Jésus. L’esprit du monde nous dira toujours que c’est une perte de temps d’aller prier devant le Saint-Sacrement !
Mais Jésus est tellement touché par le simple geste de don, gratuit, de cette femme, qu’Il a voulu qu'à chaque fois que ce passage de l'évangile sera prêché, on lui rende hommage, on fasse mémoire d'elle. Il en est de même pour nous : notre adoration donne tant de joie au cœur de Jésus que pendant l’éternité on redira au ciel cette joie que chaque adorateur a procuré au divin Cœur.

a) Il y a du combat dans l'adoration, à cause du mouvement de l'adoration.

Il y a comme un mouvement dans l’adoration, qui est un cœur à cœur avec un Cœur qui nous aime et qui a soif d’être aimé en retour.
Pour se rendre présent pour chacun de nous dans la petite hostie, Jésus est passé par la croix. Cela lui a coûté ! Sur la croix, Il a dit : « j’ai soif », d’une soif physique sans doute, mais aussi par Amour pour les âmes.
La réponse à cet Amour doit y être proportionnelle. Lorsque chacun, dans une paroisse, donne une heure au Seigneur, c’est une paroisse entière qui rend amour pour amour !
Jésus attend des adorateurs qui L’aiment pour Lui-même et viennent d’une façon désintéressée. Quelque soit la manière dont Il bénit (ce peut être par une grâce dans la vie de celui qui L'adore, mais aussi dans la vie d'une personne que cet adorateur ne connait pas, même à l'autre bout du monde..) nous pouvons Le remercier.

Dans l’adoration, il y a un mouvement trinitaire :
Au début, Jésus attire et on Lui répond. Jésus prend la petite brebis blessée que chacun est (nous sommes tous des êtres blessés) sur ses épaules.
Puis l’adoration, c’est beaucoup aimer Jésus... mais ensuite, on découvre encore que c’est surtout : se laisser aimer par Jésus (et c’est plus difficile). Jésus nous conduit alors vers le Père.
Et c’est là où il y a un combat, car Jésus veut me guérir, me purifier de mon amour propre, de ma recherche de moi-même, des grâces sensibles. Il veut me conduire vers le Père pour que j’adore « en esprit et en vérité ».
Or là où commence le combat, c’est là aussi où on a envie d'arrêter d'adorer !
Mais si on va adorer juste pour ce qu'on ressent, on va s’adorer soi-même,
on n’a pas encore commencé à adorer vraiment !

Comment vivre ce combat ?

Des conseils sont utiles :

- Se dire que c’est un privilège d’avoir une heure d’adoration ; c’est une grâce inestimable d’avoir le Saint-Sacrement exposé jour et nuit dans une paroisse ! Chacun a une audience avec le Seigneur...

- Se préparer 3, 4, 6 h avant à ce rendez-vous qui est « une heure de paradis », se dire « Jésus m’attend ! Il me désire ». C’est beau de se savoir désiré. Et Celui qui nous attend, c’est Jésus, le Seigneur des seigneurs, le Roi des rois, l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, le Seul qui peut répondre au besoin le plus profond de mon cœur.
          - Commencer par un acte d’amour (s'agenouiller, saluer le Seigneur y aident...). Si on commence une heure d'adoration en n'étant attentif qu'à soi-même, il ne faut pas se plaindre de ne pas avancer : on reste centré sur soi-même ! Et en restant centré sur soi, on ne reçoit pas les grâces que le Seigneur veut nous donner (ou à d'autres), il y a quelque chose de non réalisé. Commencer par un acte d’amour empêche cela. Un enfant n’embrasse t-il pas sa mère avant de lui obéir ?

        - La position du corps importe dans un acte d'amour. Nous sommes tout Un, corps et âme. On peut donc mettre son corps en adoration… En mettant son corps à genoux (si évidemment c'est possible, sinon on peut trouver un autre geste !) on met son âme à genoux ! Ne négligeons pas la position du corps. Quand on est distrait, il est probable que le corps bouge... si on se remet à genoux, cela peut nous faire le plus grand bien.

       - Quand on adore, il s'agit d'ouvrir son âme au Seigneur, comme un calice ouvert vers le Ciel. Il attend l’hommage de notre cœur jusqu’à la dernière minute de ce temps que nous avons prévu. Souvent, c'est à la fin d'une heure qu'on est touché... Si on a un rythme de vie soutenu, la première demi-heure d'adoration est souvent un peu « out », c'est humain. Dans ce cas, il faut offrir au Seigneur le fait d’être ailleurs ; Si on vient prier la nuit, logiquement l’esprit est apaisé, et on peut rentrer tout de suite dans la contemplation.

Pour en revenir au mouvement trinitaire de l'adoration, Jésus, dans ce mouvement, nous conduit au Père. Et dans ce mouvement, l’Esprit me fait cheminer. Cela réclame un peu d’effort, cela ne se fait pas tout seul…. et cela implique forcément un combat. Mais dans ce combat, l’Esprit Saint peut vraiment agir.

L’adoration permet de dépasser sa volonté propre, et même sa volonté pour le Seigneur, pour en arriver à penser "Seigneur quelle est ta Volonté" ? (Au lieu de répondre comme Samuel : « Parle Seigneur, ton serviteur écoute ! », il faut reconnaître qu'on dit souvent « Ecoute Seigneur, ton serviteur parle » !)
La prière chrétienne n’est pourtant pas de demander au Seigneur de bénir nos intentions, mais de se mettre sous Sa volonté. Le Seigneur nous y aide lorsqu'on adore. On a tout à gagner à s’engager à L'adorer une heure par semaine.

Et si on se dit « Je ne ressens rien » ou « Je n’ai pas envie de prier », il ne s'agit que de notre côté sentimental qu’il faut (et qu'on peut) dépasser.

Un autre moyen de combattre : reconnaître le lien entre la Parole et l’Eucharistie :

Jésus s’est incarné il y a 2000 ans et c’est le même Jésus qui est là dans l’eucharistie, il faut passer par l’humanité du Christ pour aller au Père. La Parole, c’est aussi Dieu.
D'où l'utilité, pour nous, dans les moments où la prière et adorer sont plus difficile, de lire ou prendre un passage de l’Ecriture, avant d'aller adorer : en regardant comment les gens vont à Jésus dans tel passage, ce qu’Il leur dit, ce qu’Il fait avec eux, on voit ce qu'Il fait, de même, avec chacun de nous ! Car Il est toujours là, aujourd'hui, présent pour moi dans l’Eucharistie et il continue à dire les mêmes paroles et à agir de la même manière pour moi qui vais Le voir… que pour ceux qui L'ont rencontré physiquement il y a 2000 ans.
Notre Seigneur vit : Il agit. Prenez l’Evangile et transposez-le dans l’Eucharistie !
Ainsi, au cours d'une heure d'adoration, on pourra par exemple vivre les mêmes efforts que les mages pour venir adorer cet Enfant qui Se donne dans l’Eucharistie ; On peut par exemple méditer « Comment moi aussi, je vais donner l’or, l’encens, la mire à Jésus ? »

L'arme de la foi :

Jésus agit aujourd'hui dans l'Eucharistie. Le Père travaille sans cesse. Jésus travaille aussi au Saint Sacrement ! Certains disaient « On va faire travailler le Saint Sacrement » (St Pierre Julien Eymard). Lorsqu'on a vu dans l’Evangile ce que Jésus peut faire, il est plus facile, maintenant, au Saint-Sacrement, de Le laisser faire. Plus Jésus rencontre la foi, plus Il agit avec puissance !
Dans l'évangile, on découvre qu'Il ne pouvait pas faire de miracles en un lieu où il n’y avait pas la foi !
La foi est comme la clé qui ouvre le cœur de Jésus. Dans une paroisse où il y a une adoration perpétuelle, chacun peut se trouver devant Jésus vivant et on ne prendrait pas du temps pour Lui ?
C’est par notre foi que nous recevons les grâces de l’Eucharistie.

La dimension communautaire de l'adoration :

Un autre moyen de s'armer dans le combat est de savoir que lorsqu'on va prier au Saint-Sacrement, on n’est pas seulement une personne venue prendre un temps de prière personnelle, on est aussi missionnaire, intercesseur, veilleur, en communauté et pour la communauté.

Même si on présente au Seigneur nos intentions personnelles, l'adoration est avant tout une prière aux dimensions du monde.
En venant prier devant Jésus, par l’adoration, chacun va contribuer à une prière aux dimensions du monde, rendre un service éminent à l’Eglise et au monde (Benoît XVI).

Lorqu'on prie, Jésus regarde notre foi, et peut par cet acte de foi agir dans notre propre vie certes, mais aussi dans la vie d'un autre. Lorsqu'Il a dit au paralytique « tes péchés sont pardonnés », c'était en vertu d'une puissante intercession. L'évangile ne dit pas que le paralytique en particulier avait la foi, mais que Jésus a dit à l'un (le paralytique) que ses péchés étaient pardonnés en voyant "leur" foi (Il a regardé la foi des 4 porteurs).

Dans le combat contre les Amalécites : Moïse demande à Aaron (le frère) et Hour (le commandant) d’être l'un à sa gauche, et l’autre à sa droite pour l'aider à tenir les bras levés au Ciel dans une intercession continue. Lorsque nous adorons, nous avons aussi des personnes pour nous aider, non une personne à notre gauche, et une autre à notre droite, mais une personne avant nous, et une après nous, dans une chaine ininterrompue de prière et d’intercession où le cœur de la paroisse est tendu vers Dieu.

On ne connaît pas forcément toutes les grâces que cela permet au Seigneur de répandre, ici ou ailleurs, mais un jour on verra ces grâces. Charles de Foucauld disait : « Jésus ne peut pas être exposé sans rayonner ».

Il y a 2000 ans, à la Croix, Jésus a été élevé dans la haine, mais aujourd'hui, par l'adoration, Il est élevé dans l’amour !
Jésus fait alors descendre toutes les grâces qu’Il a méritées au calvaire.

Pendant l'adoration, on va donc porter l’Eglise et le monde ! Il y a toujours un intercesseur ! Celui qui adore, c’est l’intercesseur, c’est le veilleur !  (voir Isaïe 62, « sur tes remparts j’ai placé des veilleurs ») Jean-Paul II disait aussi « L’adorateur est placé sur les fractures de l’humanité ». Chaque adorateur est sur les murailles de l’Eglise, de sa paroisse. Grâce à tous les adorateurs, et chacun d'eux, la Lumière descend.

Lorsqu'on est dans une activité, on peut s’unir à l’adorateur présent au même moment devant le Saint-Sacrement. Quand on adore, on est là, au nom de tous.

Le card. Hummes (ancien préfet de la congrégation pour le Clergé) a écrit en 2010 à tous les évêques* afin qu’il y ait au moins un lieu par diocèse où le St Sacrement soit exposé jour et nuit sans interruption,  pour la sanctification du clergé, des laïcs, et pour obtenir des grâces de vocation religieuses et sacerdotales.
Célébrer, communier et adorer sont les 3 dimensions de l’Eucharistie qui forment un même mystère…
Là, on a besoin de personnes qui s’offrent vraiment ! On peut dire au Seigneur qu'on va offrir telle heure d'adoration pour un jeune afin qu’il puisse entendre l’appel, pour un prêtre en souffrance…
Les adorateurs ont aussi une grâce de "maternité spirituelle" dans l’Adoration Perpétuelle (pour les prêtres et d'autres personnes).
Il y a un enfantement perpétuel dans les chapelles d'adoration.

* pour lire ce document : un clic ici


II- la nuit physique


Dieu seul sait la part de sacrifice que chacun peut faire.
La nuit (le contexte nocturne, les ténèbres) importe un peu puisque c’est quand même au milieu de la nuit que Jésus a demandé Sa première heure d’adoration à ses disciples, après l'institution de l'Eucharistie, dans le jardin des oliviers, le jeudi Saint  : « Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation »

Quelle que soit l’heure que vous choisissez pour adorer ou prier, elle apporte une très grande joie au Seigneur. Mais je tiens à faire un appel direct pour les heures de la nuit, entre minuit et six heures car ce sont les heures les plus difficiles pour être avec Lui. Cette foi héroïque, qui nous pousse à venir prier la nuit, peut se comparer à la foi dans l’évangile qui poussait Jésus à faire ses plus grandes merveilles. Dieu ne se laisse jamais vaincre en générosité. Plus nous sommes généreux avec Dieu, plus il est déversera ses grâces de Miséricorde et de Paix sur notre église et notre monde.

Dans le Catéchisme (article N°1380), nous lisons : « L’Église et le monde ont un grand besoin du culte eucharistique. Ne refusons pas le temps pour aller Le rencontrer... Que ne cesse jamais notre adoration ». Car se lever pour Jésus qui est si peu aimé, si peu désiré au Saint-Sacrement est pareil à se lever pour Jésus qui sur la Croix était seul et abandonné. Comme la haine a élevé le Christ sur la croix, l’effort qui consiste à venir dans une heure difficile de la nuit l’élève dans l’amour, faisant descendre sur les hommes toutes les grâces qu’il a méritées au Calvaire. N’oublions pas non plus que Jésus passait des nuits entières en communion avec son Père. C’est d’ailleurs au milieu de la nuit, comme indiqué plus haut, au jardin des oliviers, qu’il appelle ses disciples à veiller et leur dit ensuite « N’avez-vous pas la force de veiller une heure avec moi ? » (Mt 26, 40-41).

Ceux qui passent une heure avec Lui la nuit rendent témoignage à la Lumière qui repousse toutes ténèbres. Comme les Israélites voyaient une colonne de feu la nuit (Nb 9, 15-16), comme Moïse rencontra Dieu dans le buisson ardent (Ex 3), au Saint-Sacrement, le Christ est un « brasier brûlant d’amour » . Ceux qui sont prêts à faire un sacrifice en Lui tenant compagnie une heure la nuit font venir le jour nouveau, où il est écrit qu'il n’y aura plus besoin de soleil, car l’Agneau sera la Lumière. (Ap 21, 23) Quand on vient prier la nuit, on obtient des grâces pour tout le peuple.

Dans l’Eucharistie, le don de Jésus est total. Donc notre réponse doit être totale !

Pensons enfin à remercier tous ceux qui prient la nuit (où il est reconnu que c'est le temps où il y a le plus de suicides, de violence, d’actes contre le Seigneur).

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Question d’adorateurs :

On peut s'endormir la nuit. Que faire si cela arrive ?

Certes, on ne va pas adorer pour dormir, mais si cela arrive, ce n'est pas grave. Thérèse de Lisieux s’endormait souvent à l’église, pendant l'oraison ou l'adoration, elle en parle ainsi. « Je devais me désoler de dormir pendant mes oraisons et mes actions de grâce ; eh bien, je ne me désole pas… Je pense que les petits enfants plaisent autant à leurs parents lorsqu’ils dorment que lorsqu’ils sont éveillés, je pense que pour faire des opérations les médecins endorment leurs malades. Enfin je pense que le Seigneur voit notre fragilité, qu’Il se souvient que nous ne sommes que poussière. »

Note : Il existe une brochure "la valeur du Sacrifice" présentant 24 réflexions pour nous aider à comprendre la valeur de l'acte de foi exceptionnel d'aller passer une heure par semaine au milieu de la nuit avec Jésus...  Le  Père Racine en a distribué aux  personnes présentes à la conférence. Le service de l'adoration en a gardé un exemplaire et peut la fournir sur demande aux personnes intéressées.


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